Délégationde l’Essonne

Douzième évacuation pour Virgile et sa famille

Une nouvelle évacuation d’un bidonville rom a eu lieu hier en Essonne. Virgile, qui s’était installé avec sa famille à proximité de la gare RER d’Orangis-Bois de l’Épine, vient de vivre sa 12e évacuation. Et toujours aucune solution pérenne en vue…

Virgile (en polo orange) vit sa 12<sup class="typo_exposants">e</sup> expulsion.

publié en juillet 2013

« Moi je ne comprends pas. Je parle bien le français. Mes enfants vont tous les jours à l’école et personne ne veut de ma famille », se lamente Virgile. Rappelez-vous : le 28 août 2012, quelques jours après la publication de la circulaire interministérielle relative à l’anticipation et l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites, le maire d’Évry signait un arrêté de péril sanitaire et demandait le concours des forces de police pour évacuer le bidonville dit de l’hôpital. Depuis, les familles évacuées vivaient quelques centaines de mètres plus loin.

Une nouvelle évacuation sans solution

Ce mardi 9 juillet, devant les caméras de D8, France 2, France 3 et M6, sept cars de CRS ont pris position dès 7 heures pour expulser sept familles. Un bon ratio ! Puis un véhicule du 115 est arrivé pour proposer quelques nuitées dans un hôtel social aux familles désemparées qui attendaient au bord de la route. Mais comment traverser la région parisienne (dans ce cas précis pour se rendre à Chelles - 77) avec les balluchons, les vélos, les ustensiles de cuisine…

La circulaire dite du 26 août 2012 a-t-elle été respectée ?

Le Secours Catholique s’étonne que personne ne soit en mesure de confirmer qu’un diagnostic social a bien été effectué (selon des recommandations de la délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement - DIHAL) et se demande pourquoi il n’en a pas eu connaissance. Quid du volet préventif ? Quelles solutions personnalisées ont-elles été proposées ? Quand et avec qui s’est tenue la réunion préparatoire à l’évacuation ? Pourquoi les associations n’ont-elles pas été conviées ?

Le département de l’Essonne régulièrement montré du doigt

À la fin du mois de juin, le Défenseur des droits, Dominique Baudis, adressait au Premier ministre un bilan sans concession de la circulaire du 26 août 2012. Plusieurs exemples venaient du département de l’Essonne. Le Défenseur des droits constatait que « les perspectives d’une intégration réussie demeurent trop faibles ».

Quelques jours plus tard c’était au tour du CNDH Romeurope de mettre en évidence que la situation globale ne cesse de se détériorer. Là encore, plusieurs exemples essonniens illustraient les éléments du rapport.

Enfin la Commission européenne insistait le 26 juin, dans son rapport de suivi sur l’intégration des Roms, sur leur nécessaire intégration qui est « dans l’intérêt des États membres. Ils représentent une proportion croissante de la population d’âge scolaire et la future force de travail ».

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