Délégationde l’Essonne

Palaiseau : les étrangers font la queue la nuit devant la sous-préfecture

Les étrangers qui doivent renouveler leur titre de séjour à la sous-préfecture de Palaiseau sont obligés d’arriver la veille ou dans la nuit s’ils veulent pouvoir être reçus par l’administration. Les jeunes du Secours Catholique de l’Essonne dénoncent cette situation inhumaine et témoignent.

Des personnes ont fait la queue toute la nuit devant la sous-préfecture de Palaiseau.

publié en novembre 2013

Jeudi 31 octobre 2013. 4 °C au thermomètre ce matin devant la sous-préfecture de Palaiseau. Il est 6 h 30. Nous avons froid mais nous ne nous plaignons pas, car certaines personnes attendent depuis la veille au soir 17 h 30.

Quatre-vingts personnes font déjà la queue. Elles ont froid. Elles grelottent. Elles ont pour certaines la goutte au nez. Elles sont nerveuses. Les visages sont fermés. Nous assistons à quelques disputes. Nous ressentons leurs multiples angoisses.

L’action de Young Caritas Essonne

Nous nous installons rapidement pour servir le thé, le café, le chocolat chaud et les gâteaux. Des personnes nous interpellent : « Bonjour ! Vous êtes bénévoles de quelle association ? », « Pouvez-vous demander à la sous-préfecture d’améliorer nos conditions d’attentes, il fait très froid, les températures vont chuter et ce n’est pas humain », ou encore « Nous ne voulons pas perdre notre place, pouvez-vous venir nous servir dans la file d’attente ? Je voudrais du café, ça réchauffe au milieu du froid. »

Des personnes mettent un peu de poésie dans cette longue et triste attente, comme Dominique, retraité, arrivé en France le 15 novembre 1965 qui déclare : « C’est gentil cette histoire de café et de thé, c’est une belle histoire. Continuez mes enfants. Il y en a besoin pour réchauffer nos cœurs ! » Il est juste là pour régulariser la situation de son plus jeune fils qui vient d’atteindre la majorité.

Être présents pour témoigner de situations inhumaines

À 8 h 52, la grille de la sous-préfecture n’est pas encore ouverte. Nous comptons alors le nombre de personnes dans la queue : il y en a 141 et d’autres affluent encore.

À 9 h 06, un agent de la préfecture (pas le même que les autres jeudis), en ouvrant la grille, annonce à voix haute qu’il n’y aura que 60 tickets de distribués aujourd’hui. Malgré cette annonce, ayant attendu depuis plusieurs heures dans le froid, les personnes ne se découragent pas et demandent quand même à entrer dans le bâtiment.

L’équation est simple : 60 personnes ont pu recevoir un ticket. Ce sont donc plus de 80 personnes qui auront attendu pour rien. Pour être parmi les premiers il faut être là la veille au soir et faire la queue toute la nuit !

Aujourd’hui, nous avons la conviction que le sens de notre action repose sur notre présence auprès de ces personnes et notre capacité de témoigner, d’agir pour informer le public de cette situation ahurissante.

À lire sur le même sujet :
Young Caritas Essonne : un jeudi matin devant la sous-préfecture de Palaiseau

Imprimer cette page

Portfolio