Délégationde l’Essonne

Young Caritas Essonne : un jeudi matin devant la sous-préfecture de Palaiseau

Quelques heures après la naissance de Young Caritas Essonne, les jeunes de l’équipe ont souhaité aller à la rencontre des étrangers qui font la queue devant la sous-préfecture de Palaiseau. Retour sur une épopée qui a commencé à 5 heures du matin.

Des jeunes de Young Caritas Essonne à la rencontre des migrants, devant la sous-préfecture de Palaiseau (Essonne).

publié en octobre 2013

Jeudi 3 octobre 2013, 5 heures du matin : Lucie Kundlova, Anne-Marie Traore, Gaëtan Ziga Mbarga et François-Marie Debont se préparent pour rejoindre la sous-préfecture de Palaiseau afin d’y retrouver des migrants qui attendent l’ouverture des bureaux pour déposer ou compléter un dossier. Mohammed Benkanoun rejoint le petit groupe au local de l’équipe de Massy à 6 h 30 pour faire chauffer l’eau et préparer le matériel.

La motivation et la volonté d’agir

Il est 7 heures quand Young Caritas Essonne arrive sur les lieux. Plus de 60 personnes attendent déjà. L’équipe est munie d’une table, de quelques chaises, de thé, de café, de croissants, d’eau chaude et de quelques sourires ! Les personnes qui font la queue sont surprises et les premières interpellations fusent : « C’est gratuit ? » « C’est la préfecture qui offre ? » « Vous êtes qui ? » « Combien ça coûte ? » « Vous êtes sérieux ? » « C’est la première fois que je vois ça en sept ans ! » « Un peu de générosité, ça fait du bien. » « Merci. » « C’est bizarre d’avoir quelque chose de gratuit en 2013 ! »

La magie de la rencontre gratuite

Le dialogue s’installe naturellement et les jeunes ressentent un élan de joie qui se lit sur les visages : un sourire, un merci, un témoignage, « je ne t’oublierai jamais ».

Et puis la confiance s’installe. Les langues se délient. Les jeunes sont marqués par quelques tranches de vie. Monsieur D., né en 1950 en Mauritanie, vivant en France depuis 1973, père de six enfants français et retraité depuis le 6 octobre 2013, est le premier à parler. Il est debout depuis 4 h du matin pour faire partie des 80 personnes dont le dossier pourra être déposé. Il fait la queue, juste pour rectifier la date de naissance de l’un de ses documents. Ou encore cette femme fatiguée, assise sur une des chaises apportées pour l’occasion. Avec beaucoup d’émotion, elle confie aux jeunes qu’elle a accouché il y a trois jours et qu’elle est obligée de laisser son enfant à son père pour pouvoir être là dès 4 h du matin car elle espère pouvoir déposer son dossier.

La solidarité s’organise

À cause de nombreuses difficultés administratives, une grande solidarité s’est installée depuis des années. La queue se structure et s’organise ! Cette solidarité se concrétise par une personne migrante qui se dévoue en venant la veille vers 20 h afin de mettre en place un système de tickets officieux pour une meilleure organisation et le respect de chacun. L’équipe de Young Caritas a la chance d’échanger quelques mots avec la première personne arrivée à 20 h qui s’est relayée toute la nuit avec son fils, scolarisé, pour pouvoir garder sa place.

Il est 9 heures : l’agent de la préfecture distribue 80 tickets officiels à l’ouverture de la grille. Trois agents de la Police nationale vérifient les sacs des personnes. À 9 h 10 il n’y a plus de tickets. Il est conseillé à la vingtaine de personnes sans ticket de « revenir plus tôt une prochaine fois ».

Les jeunes de l’équipe sont bouleversés par cette nouvelle expérience. C’est promis, ils vont poursuivre avec force cette action de solidarité avec l’espoir que tout peut (encore) changer !

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